Infrastructures numériques : les besoins en emplois et compétences à l’horizon 2030

Le programme de l’EDEC Infrastructures numériques, lancé en décembre 2021 via une grande étude intersectorielle, se poursuit avec la publication de l’analyse prospective des besoins en emplois et compétences de la filière des infrastructures numériques à l’horizon 2030.

Réalisée par le cabinet Katalyse, avec la mobilisation de la DGEFP, des branches professionnelles des télécommunications, des travaux publics, du bâtiment et de la métallurgie, de l’Afdas, Constructys, Opco 2i ainsi que de nombreux experts de la filière et de la formation professionnelle, cette étude s’articule autour des « grands chantiers RH » de 4 domaines techniques :

  1. Les réseaux filaires nationaux (fibre optique, ADSL),
  2. Les réseaux mobiles nationaux (de la 2G à la 5G),
  3. Les réseaux locaux d’équipements connectés (territoires connectés et réseaux privés)
  4. Les datacenters.

Une création nette de 33 000 emplois d’ici 2030, différenciée selon les chantiers

  • Concernant la technologie FTTH – Fiber To The Home (fibre optique), la création de plus de 2 000 emplois sur la maintenance du réseau (en phase finale de déploiement) est à prévoir pour atteindre près de 6 500 emplois pérennes en 2030. Néanmoins, une baisse des effectifs, de 15 000 emplois aujourd’hui à seulement 2 000 emplois en 2030, concernera les métiers du raccordement final chez l’abonné, après un pic d’activité en 2023 ou 2024.
  • Parallèlement au déploiement de la fibre, le retrait progressif de l’offre ADSL impliquera le décommissionnement (démontage) du réseau cuivre générant une hausse des recrutements à l’horizon 2027 ou 2028.
  • Le marché des réseaux mobiles nationaux bénéficiera lui aussi d’une hausse des recrutements, puis d’une stabilité globale à partir de 2024, le déploiement de la 5G prenant le relai de celui de la 4G, avec des métiers qui évoluent peu. Les trois métiers les plus mobilisés resteront ceux de technicien(ne) déploiement ou technicien(ne) réseau GSM, ingénieur(e) infrastructures télécom et technicien(ne) de maintenance. Pour l’ensemble de ces marchés liés aux réseaux mobiles nationaux, les besoins en effectifs augmenteront de 13 500 emplois pour atteindre 34 000 emplois en 2030 (versus 20 500 emplois en 2022).
  • L’émergence des technologies cloud et edge, ainsi que la spécificité et la complexité croissante des besoins locaux, vont multiplier par 5 les besoins en emplois pour les réseaux locaux d’équipements connectés (de 7 300 emplois en 2022 à 39 000 emplois en 2030) en réponse à une très forte demande des collectivités publiques (territoires connectés), des entreprises (notamment industrie et agriculture) et pour l’exploitation et la maintenance des réseaux (passant de 2 400 à 16 100 emplois en 2030).
  • Le déploiement des datacenters s’accompagnera du doublement des besoins en emplois, jusqu’à 20 420 en 2030, essentiellement autour des pôles économiques d’Ile-de-France et d’Aix-Marseille. Les tendances sont à la hausse (en volume d’emploi et en spécialisation des compétences) pour tous les métiers qui s’y exercent : chargé(e)s de comptes, ingénieur(e)s maintenance IT, technicien(ne)s datacenter, technicien CVC, expert(e)s exploitation datacenter… avec d’importants besoins en formation pour des métiers courants voués à gagner en expertise dans les environnements dit « hébergés » des datacenters.